Horaires

Lundi au Vendredi 09h-12h / 14h-18h

Mail

contact@effitherm.fr

téléphone

06 84 08 14 11

Adresse

24 rue Auguste Renoir 8700 Limoges

LA PRÉCARITÉ ÉNERGÉTIQUE

Moisissure humide froid et dégradé

Avant de commencer et pour bien cibler notre sujet, nous allons définir précisément ce qu’est la précarité énergétique. Car cela ne touche pas tous les foyers français, comme vous vous en doutez. Mais alors, qu’elles sont les caractéristiques qui définissent un ménage en précarité énergétique ?

Tout d’abord, elle touche les ménages avec de faibles revenus. Les seuils retenus peuvent être différents en fonction des indicateurs ou des dispositifs observés, mais ceux qui sont concernés ont en condition sine qua non un niveau de confort assez faible, voire délétère. On retient en général le chiffre de 30 % des ménages les plus pauvres en France.

 

Ensuite, les familles concernées se retrouvent dans ces situations dégradantes par un autre facteur que celui de l’argent. Cette deuxième caractéristique, bien que liée aux finances, est que très souvent ces personnes habitent dans des logements précaires mal construits, mal isolés, mal ventilés et mal chauffés. Communément, un logement inchauffable est appelé « passoire thermique ».

 

Et c’est ainsi que l’on distingue la précarité monétaire de la précarité énergétique. L’une ne prend en compte que les revenus et l’autre analyse intelligemment la combinaison entre revenus et lieu d’habitation.

 

 

Le paradoxe et la réalité de la précarité

La situation des ménages en précarité énergétique tend à se dégrader encore avec le temps, sous l’effet d’un cercle vicieux. En effet, les familles dans ces situations se retrouvent bien souvent à ne vivre que dans une partie de leur logement, afin de ne chauffer qu’une ou deux pièces de la maison (souvent la chambre des enfants). Dans les cas les plus alarmants, le chauffage est tout simplement coupé. Cette spirale de la précarité s’aggrave ensuite de jour en jour. Moins le logement est chauffé, plus les moisissures gagnent du terrain. Si bien que cela engendre des maladies et des travaux supplémentaires, s’ajoutant à une facture déjà impossible à payer. L’ironie ici étant que les ménages précaires (30% des ménages les plus pauvres de France) consacrent plus de 10 % de leurs revenus pour se chauffer, alors que les 70 % de ménages restants ne consacrent que 5 % en moyenne de leurs revenus au chauffage.

 

Si la valeur (taux d’effort énergétique) est supérieure à 10 %; alors le ménage est considéré en précarité énergétique.

 

Pourquoi ce seuil de 10% ?

 

Nous devons cette définition au Royaume-Uni, qui a été l’un des précurseurs sur la question de la précarité énergétique. En Angleterre, on considérait qu’un ménage était en précarité énergétique si son taux d’effort énergétique dépassait le double du taux d’effort énergétique médian, qui était alors de 5%.

 

La différence est que dans la définition britannique, c’est la dépense théorique qui est prise en compte, c’est-à-dire ce que devrait dépenser le ménage pour accéder au confort dans son logement, que cette dépense soit réelle ou non.

L’utilisation qu’on a faite en France de cette définition s’est plutôt attachée à la dépense réelle des ménages, c’est-à-dire les factures effectives, et donc indépendamment des caractéristiques techniques du logement.

 

La principale limite de cette transposition « à la Française » est qu’elle ne prenne pas du tout en compte les situations de restriction ou de privation de consommation : par exemple, un ménage peut habiter dans une passoire thermique, mais avoir des factures d’énergie très faibles, parce qu’il a renoncé à se chauffer. Dans ce cas, son taux d’effort énergétique est en dessous du seuil des 10%, mais le ménage est pourtant bien en situation de précarité énergétique.

 

 

Partant de ces constats, une définition officielle de la précarité énergétique a été adoptée en 2010, à l’occasion de la loi dite « Grenelle 2 ». Elle a été intégrée dans la loi visant la mise en œuvre du droit au logement, et est énoncée ainsi : « Est en précarité énergétique une personne qui éprouve des difficultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires, en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat ». Cette définition est la plus large possible pour englober la diversité des situations rencontrées. Elle n’a pas de visée opérationnelle.

Pour tenter de prendre en compte la diversité des situations rencontrées ET d’avoir des indicateurs quantifiables, l’observatoire national de la précarité énergétique, créé en 2010 par la même loi Grenelle 2, a travaillé sur un panier d’indicateurs.

On retrouve ainsi le taux d’effort énergétique supérieur à 10%, observé chez les 30% des ménages les plus pauvres.

En 2018, ce seuil a évolué à 8% puisque la dépense d’énergie médiane des ménages français a été établie à 4% de leurs revenus.

Un autre indicateur s’attache à mesurer les ménages qui subissent une double peine : ils ont des revenus plus bas et des dépenses d’énergie plus élevées que nos médianes nationales. Cet indicateur s’appelle BRDE pour « bas revenus – dépenses élevées ».

Ces deux indicateurs, le taux d’effort énergétique supérieur à 10 % et BRDE, apportent une vision économique de la précarité énergétique, mais ne reflètent pas les phénomènes d’autorestriction qui sont pourtant largement répandus.

C’est pourquoi un dernier indicateur a été développé : celui du froid ressenti. Il concerne, toujours, les 30 % des ménages les plus pauvres, qui déclarent avoir un inconfort thermique dans leur logement en hiver. Cet indicateur permet d’avoir une estimation du nombre de ménages qui limitent leur consommation ou qui se privent d’énergie.

 

Conclusion

 

 

 

Au total, selon l’observatoire national de la précarité énergétique, ce sont 5,6 millions de ménages qui sont concernés en France par au moins un de ces indicateurs. Cela représente 20 % de la population.

Il faut aussi garder en tête que dans un logement mal isolé, on peut dépenser beaucoup d’argent pour se chauffer et continuer d’avoir froid. C’est ce qu’on appelle le noyau de la précarité énergétique, qui regroupe les ménages souffrant du froid ET rencontrant des difficultés pour payer leurs factures. En 2013, ce noyau concernait 1 million de ménages, soit 4 % des ménages français.

On est donc loin de traiter un sujet anecdotique lorsque l’on aborde celui de la précarité énergétique.

 

À RETENIR

Pour résumer, la précarité énergétique est la combinaison de trois facteurs : faiblesse des revenus, mauvaise performance énergétique des logements, prix élevé et croissant des énergies.

Le phénomène concerne 1 Français sur 5.

Cet article est inspiré du MOOC de la précarité énergétique